Rencontre avec Marianna Nativi du Locu Teatrale

Rencontre avec Marianna Nativi du Locu Teatrale


Les Corsettes vont consacrer plusieurs épisodes à l’espace culturel Locu Teatrale, lieu devenu déjà depuis plusieurs années un incontournable de la vie culturelle à Ajaccio.

Pour ce premier volet, nous sommes heureuses d’avoir recueilli les propos de  l’un de ses piliers: l’artiste militante  Marianna Nativi

 

Les Corsettes :

Bonjour Marianna. Nous aimerions que vous nous en disiez un peu plus sur votre formation.

Marianna Nativi :

Je me suis formée au théâtre classique à Québec et en parallèle au théâtre de recherche de Jerzy Grotowski (précurseur du travail sur l’acteur dont l’ouvrage majeure est « Vers un théâtre pauvre »). Les précurseurs de ma démarche actuelle ont été en Corse Dumenicu Togniotti et Saveriu Valentinu qui avait créé à l’époque le « teatru paisanu » et qui m’ont poussé à croire en cette démarche dépouillée où le centre du propos est l’acteur et son corps. Revenue du canada j’ai fondé le Locu Teatrale qui en 1999 a été reconnu compagnie professionnelle et subventionnée par la collectivité ainsi que les affaires culturelles, la ville. Il ne faut pas que j’oublie de mentionner ma rencontre avec Rinatu Coti qui, à partir d’une trame que j’ai imaginée, d’écrire la première pièce de théâtre « Sonniu di Raffaedda » qui a tourné dans tous les villages et a été prsenté au Avignon off. Cette pièce a inauguré le moteur de ma recherche vocale, corporelle, musicale, sonore, théâtrale. Elle a été parçue par l’inspecteur du théâtre de l’époque comme une recherche expérimentale originale et d’avant-garde. J’ai continué avec de nombreuses créations en langue corse, bilingues et méditerranéennes. A 2 reprises le co-fondateur du théâtre Grotowski est venu en corse faire la mise en scène d’un texte de Rinatu Coti que l’on a traduit pour l’occasion en quatre langues : corse, français, italien et espagnol. Ce co-fondateur, conseillé littéraire de Grotowski, référence international pour le théâtre nationale se nomme Ludwic Flaszen.

Mais, comment une artiste professionnelle ayant une démarche si spécifique et particulière, peut-elle être appréciée à sa juste valeur, au moment où la Corse a évolué vers, ce que j’appelle dans Azeza « Le complexe du colonisé » ?!!

Toutes les pièces sont des créations à part entière : écriture, musique, scénographie

… Pour moi les adaptations en langue corse sont un simple outil pédagogique. J’adapte donc pour le jeune public des textes connus du répertoire classique et contemporain.

 

Ces dernières années avec l’ouverture en 2007 de ce lieu, le Spaziu culturali, les créations ont été très diverses. Il y a eu par exemple la création d’après un texte de Christian Maïni « Francalossu » création nommée : « A muredda » et mise en scène par Nathanael Maïni. Ensuite, ont suivis  « Des raisons… des tas » en 2011, commande à Christian Maïni, sur le thème de l’enfermement , qui je peux désormais le dire a eu pour inspiration le cas d’Yvan Colonna avec lequel je correspond.

En décembre 2013 , inspirée par la résistante Danielle Casanova, une demande d’écriture a été faite à Rinatu Coti qui a travaillé à cette création pendant près d’un. « L’indomita Donna » est désormais en tournée et sera à l’affiche le 3 décembre 2016 avec des programmateurs venues de Sardaigne, de Marseille et de Corse pour une tournée en Italie et en Avignon. La mise en scène est de Saveriu Valentinu. La prochaine création 2017 se nomme « Ultimus » et portera sur la barbarie dans le monde et la disparition des petits peuples à forte identité . »

Les Corsettes :

Pouvez-vous nosu dire juste quelque mot au sujet de l’enseignement ?

M.N. :

Ce chemin de création mis à part, je dispense des stages et des cours en langue corse dans les écoles et collèges et ici au Locu Teatrale même. J’inaugure, cette année, ce que j’appelle des chantiers théâtraux qui sont des mis en espace de textes méconnus à redécouvrir. Le premier sera le texte du jeune comédiens Vincent Tray : « Carnets intimes » où il livre un réflexion personnelle autour d’une jeunesse tourmentée où cependant l’art et le théâtre maintienne l’individu dans le positif.

Les Corsettes remercie Marianna Nativi un femme exceptionnelle au grand cœur qui fait chaque jour vivre et vibrer la culture corse.

 

La Corse à des ressources inépuisables et Les Corsettes se font une joie de vous les faire partager via le web . Contactez-nous pour que les Corsettes vous mettent en lumière. Merci encore à tous ceux qui nous encouragent.

 

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