« L’Art dans le Trait » – Pause philo ! #1

« L’Art dans le Trait » – Pause philo ! #1


Ecrire, c’est dessiner et dessiner c’est écrire

En parlant au monde dans sa caverne, l’Homme de Cro-Magnon a fini par se parler à lui-même. Ses sons ont trouvé un écho. L’art graphique chinois (hanzi), comme les hiéroglyphes, se devaient de retranscrire ce qui était observé. L’inspection a donné lieu, dans un même geste, à une introspection.

Ecrire, c’est se redessiner. C’est se réinscrire

Si l’art se réalise sans règles précises, il s’agit alors de la création perpétuelle d’un autre univers. L’art est, par essence, idéaliste : il nie la réalité du monde extérieur pour mieux le sublimer, le magnifier.

Ce n’est pas seulement l’artiste, mais bel et bien l’homme, de façon générale, qui se définit comme animal angoissé et angoissant. Le néant est son seul divan. « L’art est un antidestin », affirme Malraux, dans Les voix du silence. Si le monde vécu se vit dans une angoisse infinie, il faut en conclure que l’angoisse est notre ordre universel.

 

Dès lors, l’art, comme l’amour, réagit à un ordre préétabli, un monde nécessairement angoissant. Créer consiste à s’angoisser de son angoisse : faire exploser, autant que possible, le code mathématique déchiffrable et mesurable par le scientifique. L’artiste aime enfin quand les autres s’angoissent. Voilà pourquoi Malraux nous dit encore :

« Comme l’amour, l’art n’est pas plaisir, mais passion »

Les apparences et les règles ne sont pas trompeuses, mais aux yeux de l’artiste, langoureuses et somptueuses. La prose s’impose contre les mauvais coups des haïku. Comment ne pas songer ici au courant surréaliste, notamment aux tableaux de Salvador Dali (1904-1989) ?

En matière de musique également, les accords se tordent dans les désaccords. L’album musical intitulé Medúlla de Björk (chanteuse islandaise née en 1965) donne l’exemple parfait d’une musique qui se réinvente perpétuellement : la chanteuse islandaise ne fait résonner autour d’elles que des voix au lieu de faire jouer des instruments.

 

 

 

La musique est définitivement chamanique. L’ordre artistique est clairement celui de la liberté. Cette dernière, ici, ne s’enferme ni dans le champ infini des possibilités ni dans les structures définies de la nécessité. Enfin, en littérature, les ratures ne sont pas tant des structures que des conjectures.

 

 

Ces articles abordant la Philosophie de l’Art sous un nouvel angle vous sont proposés par :

Henri Feng , écrivain-philosophe, contributeur pour les Corsettes

 

Prévision de la publication Pause Philosophie #2 : 10 mars 2018

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